Culture béninoise

De Nature et Culture en Hautes-Terres.

Pour beaucoup de visiteurs, la riche diversité culturelle du peuple béninois constitue l’un des attraits les plus intéressants de ce pays. La population du Bénin, d’environ 6,5 millions d’habitants, est composée de plus de vingt différents groupes socio-culturels ayant chacun son histoire, sa langue et ses [[tradition]s]. Ce qui reste toutefois constant chez tout le peuple béninois, est l’amitié et l’hospitalité. L'ouverture et la chaleur remarquables avec lesquelles ce peuple accueille les étrangers et les engage dans la conversation permettent aux visiteurs de découvrir la culture béninoise sur un plan personnel. Qu’il s'agisse de marchander les prix des produits avec les vendeurs du marché achalandé d'Abomey ou de visiter les célèbres tata somba des populations Betamaribè du Nord, les souvenirs les plus mémorables que l’on gardera de toute visite effectuée au Bénin proviendront sans nul doute des populations locales.

Sommaire

Religions au Bénin

Sage, gardien de la tradition

Les religions animistes africaines prédominent. On ne peut parler du Bénin sans évoquer la part du vaudou dans la société béninoise. Cependant une part significative de la population est chrétienne (catholique et protestante) et musulmane.

Le Bénin est le berceau de la culture vaudou qui s'implantera notamment par la suite aux Antilles, à Cuba, au Brésil, à travers le commerce des esclaves. Le sud du pays est particulièrement emprunt de ces cultes rendus aux dieux de la nature. Dans chaque village comme en brousse, on découvrira des autels en banco et des legbas protecteurs.

Cuisine béninoise

Pour beaucoup de visiteurs, la dégustation de la cuisine locale béninoise est une excellente manière de « prendre le pouls » de la culture. Tout comme le peuple, la cuisine locale varie beaucoup d’une région à une autre, et la dégustation de certains plats traditionnels du Bénin peut vous laisser des souvenirs inoubliables.

Les populations se nourrissent d'abord de ce qui pousse sur leur sol. Bien sûr, le riz est omniprésent, cultivé sur place ou importé. Les volailles (poulet et pintade) sont les plus répandues. Dans les zones côtières du golfe de Guinée, au climat humide, on trouve des ignames, du manioc, des bananes et des noix de coco. En région de savane, plus sèche, ce seront les céréales comme le sorgho et le mil. Le gibier est plus important dans les zones forestières, le poisson de mer frais près des côtes, fumé et séché à l'intérieur. Cela dit, on trouve aussi du poisson d'eau douce frais grâce aux lacs de barrage. Les troupeaux sont élevés en dehors des régions où sévit la mouche tsé-tsé. On trouve dans la rue et les marchés plein de minuscules échoppes où les plats sont cuisinés dans des bassines par ce que les gens appellent les « bonnes femmes ». Vérifiez au moment des repas s’il y a affluence, ce qui est bon signe. Quand ces échoppes sont un peu plus grandes et qu’elles disposent de quelques tables et chaises elles deviennent des maquis. On en trouve de plus ou moins chers. Mais généralement, un plat dans les premières coûte à peine 500 F CFA (1 euros). D’autres femmes portent sur leur tête toutes sortes d’aliments rassemblés sur un plateau (beignets, gâteaux).

Au Nord, l’igname constitue l’aliment de base. L’igname pilée se mange avec la sauce d’arachides ou de tomate. Les viandes de bœuf, de porc et de poulet sont les plus consommées et sont généralement frites ou préparées à la sauce. Le fromage est une spécialité du Nord. Le riz, le couscous et le haricot sont également consommés. Selon la saison, on trouve en abondance les mangues fraîches et d’autres fruits.

Au Sud, le maïs constitue le principal aliment de base. On s’en sert le plus souvent pour la fabrication de plusieurs et différentes sortes de pâte servie généralement avec une sauce d’arachides ou de tomate. Le poisson et le poulet sont les viandes les plus habituellement consommées au Sud et sont généralement frit à l’huile de palme ou d’arachide. Comme autres viandes, nous avons la viande de mouton, le lapin, le bœuf et l’agouti. Le riz, le couscous et le haricot sont également très répandus. Les fruits de saison sont très abondants au Sud et comprennent les oranges, les bananes, les ananas, les papayes et les mangues.

Quelques spécialités :

  • Akassa : pâte de maïs (éventuellement de mil) fermentée accompagnée d’une sauce.
  • La pâte : pâte de maïs ; un peu fade mais comme c’est pour tremper dans une des sauces…
  • Akpan : boulettes de maïs que l’on trempe dans une sauce.
  • Gari : pâte à base de farine de manioc émincée finement, utilisée un peu comme du gruyère (sans le goût) sur du riz, des spaghetti ou une sauce.
  • Fufu : igname pilé formant une pâte avec un léger goût, agréable.
  • Moyo : sauce à base de tomate, oignon et piment qui accompagne souvent le poisson frais.
  • On trouve dans la région de Pakarou mais aussi dans le Mono, au sud-ouest, un fromage à la croûte rouge et qui fait penser à de la mozzarella. Mais ici le fromage est frit et trempé ensuite dans une sauce pimentée.

Littérature et théâtre

En 1912, le premier journaliste dahoméen, Louis Hukanrin, diffuse des pamphlets avant d'être exilé à Dakar. Il crée, à son retour, avec Paul Hazoumé, un journal manuscrit clandestin (le Récadaire). Le premier ouvrage littéraire dû à un Dahoméen paraît en 1929 à Paris, l'Esclave, de Félix Couchoro, auteur d'une vingtaine de romans populaires généralement publiés en feuilletons dans un journal du Togo. D'une tout autre qualité est l'œuvre de Paul Hazoumé, qui en 1938 publie un roman historique, Doguicimi. La génération suivante est illustrée par le romancier Olympe Bhêly‑Quénum, sévère avec le colonialisme (Un piège sans fin, 1960), mais non avec la culture occidentale (l'Initié, 1979), par le poète Paulin Kokou Joachim (Anti‑Grâce, 1967) et par Jean Pliya, qui stigmatise les inégalités sociales dans des nouvelles (l'Arbre fétiche, 1971) et condamne dans le roman (les Tresseurs de cordes, 1987) le régime de Kérékou, que saluait une cohorte de poètes officiels.

En 1986 paraît le premier roman dû à une femme du Bénin, Gisèle Hountondji: Une citronnelle dans la neige. En ce qui concerne les essais, la production est riche depuis le Pacte du sang au Dahomey de P. Hazoumé (1937); citons notamment Émile Désiré Ologoudou (les Intellectuels dans la nation, 1967).

Auteur de Kondo le requin (1966), drame historique, et de la Secrétaire particulière (1973), critique sociale, Jean Pliya demeure le chef de file des auteurs dramatiques béninois, suivi par Séverin Akando (Révolution africaine, 1975). Le théâtre exploite l'actualité nationale, pratique la critique sociale, remet en cause les traditions.

Cinéma

Créateur du cinéma béninois avec des courts‑métrages, Pascal Abikanlou tourne en 1973 un long métrage, Sous le signe du Vodoun, qui traite de la religion africaine et de l'exode rural. Richard de Medeiros débute par Le roi est mort en exil (1970), qui restitue la vérité sur l'exil du roi Béhanzin à Blida. Le film suivant, Nouveau Venu (1976), fait se confronter au sein de l'administration les générations et les mentalités. François Sourou Okioh réalise Ironu (1985), film audacieux sur le pouvoir et l'opposition.

Artisanat au Bénin

Beaux-arts au Bénin

La production artistique avait jadis pour fonction essentielle de transmettre l'histoire des royaumes. Au début du XVIIIe siècle, le roi du Dan Homé, Agadja, se réservait la totalité des œuvres des meilleurs artistes et des artisans qui travaillaient et vivaient dans des quartiers spécialisés, autour de l'enceinte du palais. Leur savoir‑faire s'est transmis de père en fils et, aujourd'hui encore, leurs descendants font les mêmes gestes. Ainsi, à Abomey, ils pratiquent toujours la technique de la cire perdue (bronze), la sculpture sur bois, la gravure sur calebasses. Cet art populaire était investi de pouvoirs rituels, à l'instar des masques guélédé (société semi‑secrète dirigée par des femmes âgées), caractéristiques de l'art yorouba de la région de Porto‑Novo.

Le masque africain est un attribut de la danse rituelle. Les danses ont lieu pendant les rites funèbres, pour commémorer le souvenir des ancêtres, ou à l’occasion des rites de passage, ou en l’honneur d’un esprit particulier : le danseur masqué perd sa personnalité pour s’identifier à l’esprit. On peut établir exactement la région d’où provient un masque car la formes, le dessin, l’aspect suivent des règles propres à chaque tribu. Le masque Guèlèdè des Yorubas (ou Yorouba) est porté à plat sur la tête du danseur. Il fait partie d’un culte Vodoun (ou vodou) pour implorer la clémence des divinités. Des personnages, des animaux, des objets symboliques coiffent le masque. La tradition des Guèlèdès est vivace dans la région de l’Ouémé, à Sakété, Takon, Kétou.

Musique béninoise

Au Bénin, chants et danses sont variés d’Est en Ouest et, du Sud au Nord. Selon les circonstances et les événements, tam-tam, danse, musique et chants peuvent relever à la fois du religieux et du culturel, de la participation aux forces vitales de l’univers, de la louange ou de la simple manifestation de joie, du deuil ou de la communion à l'esprit des morts, de la détente ou du loisir, du simple spectacle chorégraphique, de l'acrobatie et de la véritable expression corporelle.

Le tchingounmin est un rythme béninois de funérailles joué sur des tohoun (calebasses retournées sur des récipients remplis d'eau), ou des gotta (peaux tendues sur des calebasses), accompagnés de cloches et de castagnettes, et sur lequel on exécute une danse très rapide. Tohon Stan a modernisé cette instrumentation pour créer le tching‑système, très répandu au Bénin, au Togo et au Burkina Faso. Le gotahoun et le gogbahoun, autres rythmes, sont à leur tour adaptés par les groupes Polyrythmo et Black Santiago. Le zinli est spécifique des Fons d'Abomey. Dans les années 1980, Angélique Kidjo et Wally Baradou greffent tous ces rythmes aux musiques de jazz, de rock et de funk.

la scarification

La scarification consiste en l’incision de la peau du visage chez les enfants en bas âge. Ces incisions forment sur le visage des cicatrices qui permettent à tous et chacun de connaître l’origine ethnique de l’autre. Par exemple, les gens originaires de Ouidah, ceux qui vénèrent le python, portent « deux fois 5 marques » : deux sur le front, deux sur chaque joues et deux sur chaque tempes. Encore très présente dans les régions rurales, la scarification est une tradition béninoise de moins en moins pratiquée en milieu urbain.

Homosexualité

Pas de loi interdisant l'homosexualité, mais le code pénal réprime les auteurs d'actes «contre nature avec un individu de même sexe». Toutefois les homosexuels commencent à assumer leur identité et certains s'expriment dans les médias.

Contributions

Festival International de Théâtre du Bénin

Bibliographie

  • Irène Albert, Des femmes, une terre : une nouvelle dynamique sociale au Bénin, L'Harmattan, 1993, 264 p. (ISBN 978-2-7384-2201-9)
  • Dominique Auzias et Jean-Paul Labourdette, Bénin, Nouvelles éd. de l'Université, Paris, 2006 (4e éd.), 234 p. (ISBN 978-2-7469-1598-5)
  • Ogunsola John Igue et Bio G. Soule, L'État entrepôt au Bénin : commerce informel ou solution à la crise ?, Karthala, 1992, 210 p. (ISBN 978-2-86537-360-4)
  • Philippe David, Le Bénin, Karthala, 1995, 187 pages
  • Paulin J. Hountondji (et al.), Économie et société au Bénin : d'hier à demain, L'Harmattan, 2000, 264 p. (ISBN 978-2-7384-9388-0)
  • Kadiatou Konaré, Akambi Akala, Jean Aholou et Paul Akoha, Le Bénin des talents : Guide touristique et culturel, Cauris Éditions, 2006, 271 p. (ISBN 978-2-914605-17-5)
  • Oladé Okunlola Moïse Laleye, La décentralisation et le développement des territoires au Bénin, L'Harmattan, 2003, 327 p. (ISBN 978-2-7475-5034-5)
  • Bernard Passot, Le Bénin : les hommes et leur milieu : guide pratique, L'Harmattan, 1996, 335 p. (ISBN 978-2-7384-4138-6)
  • Gérard Rondeau, Voyages au Bénin, Arganier, 2004, 224 p. (ISBN 978-2-912728-12-8)
  • J. LOMBARD, Structure de type féodal en Afrique noire : Étude des dynamismes internes et des relations sociales chez les Bariba du *Dahomey. Ed Mouton et Co, Paris, 1965
  • P. B. BARASSOUNON, Le baatonu chrétien et les funérailles en pays Baatonu, Parakou, juin 2000
  • L. B. BIO BIGOU, Le royaume bariba de Nikki : ses branches royales et ses roi, des origines à nos jours, Cotonou, avril 1992

Articles connexes

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