Malhoun

De Nature et Culture en Hautes-Terres.
Cette photo a été prise à l'intérieur de la maison du Cheikh du Melhoun, le poète et interprète Mohamed Ben Rached, à Moulay Idriss Zerhoun

Le malhoun serait-il le chant par lequel les chameliers rythmaient le déhanchement des caravanes pour animer les soirées étoilées autour d'un gîte d'étape? « A ces chants de chameliers, nous dit Ghazali, même les chameaux sont sensibles, au point qu'en les entendant ils oublient le poids de leurs charges et la longueur du voyage et qu'ainsi excités étendent leurs cous n'aillant plus d'oreilles que pour le chanteur : ils sont capable de se tuer à force de courir ». Or nous dit toujours Ghazali, « ces chants de chameliers ne sont rien d'autre que des poèmes pourvus de sons agréables, aswat tayeba et de mélodies mesurées, alhan mawzouna. En effet, cette poésie populaire qu'est le malhoun est aussi un art musical, plus précisément un tarab, cette émotion musicale qui aboutit à l'extase

Cette musique habitait le cœur de personne, des amateurs et des créateurs, qui proviennent des différentes catégories sociales de la société marocaine. Sous l'impulsion des musiciens professionnels et de l’élite cultivée, il continue encore aujourd'hui à jaillir du plus profond de l'âme marocaine. L'art du Melhoun est la voix qui a exprimé les préoccupations des marocains, leurs croyances, mais surtout leurs émotions ou tarab. Il représente la sédimentation de la mémoire du royaume chérifien à travers les âges. Le malhoun est indissociable à la vie quotidienne du peuple dans leurs heurs et malheurs et est considéré comme l’auxiliaire artistique et culturel par excellence d'une civilisation authentiquement marocaine. Les poèmes abordent avec beauté tous les thèmes : spirituels, intellectuels et autres, sous des formes alliant la splendeur des images à celle des mots.

Comme l'arganier, le malhoun est endémique, propre au Maroc. Venu du grand sud marocain, il a proposé dans les villes ancestrales, Marrakech, Salé, Meknès et Fès. Fait de vers à rime, dans un dialectal ancien (zajal), composé par des artisans-poètes au début du siècle dernier, tels Driss Ben Ali El Malki, Haj Ahmed Ghrabli, Jilali M'tered, le malhoun est une poésie libre qui frise le libertinage. Il chante toutes les facettes de la vie, des incantations religieuses à la beauté féminine agrémentée d'allusions érotiques (on peut trouver des textes osés, notamment dans les kananich [recueil de malhoun manuscrits] qui renferment des poèmes citant ouvertement les parties intimes. Ces poèmes ne sont toutefois chantés qu'à huis clos.), en passant par la stigmatisation des mesquineries et de la vanité humaines. Le malhoun est un chant qui accompagne le travail et le quotidien. Le travail est un lieu de distraction en même temps qu'il est un moyen de gagner sa vie.

La culture populaire au Maghreb revêt une immense richesse, bien qu'elle fut surtout transmise oralement. Depuis l'ouverture à l'université de Tlemcen (Algérie), d'un troisième cycle spécialisé en "culture populaire", des écrits qui sont surtout des thèses de Magister ou doctorat, sont venus enrichir la connaissance de ce patrimoine poético-musical qu'est le Malhoun qui est la plus élaborée des formes de versification écrite en arabe dialectal.

Sommaire

Origine du Malhoune

Joueur de nay

L'époque almohade et le malhoun

La chanson populaire arabe au Maroc emprunte ses modes à la musique arabo-andalouse. Le malhoun est connu depuis l’époque almohade qui avait créé un pouvoir central fort face à la structure tribale qui avait tendance à s’opposer et où nombreuses productions marocaines et andalouses du zajal ont vu le jour à une époque ou l'art Almohade marquait l’apogée artistique du Maghreb. Il furent les bâtisseurs de villes comme Ribat el Fath (Rabat). L’époque Almohade constitue un point fort de l’union culturelle entre Maghreb et Andalousie. Cette époque correspond également à une grande rigueur religieuse qui correspond à un étonnant déploiement du monde scientifique. Les élites s'ouvrent ainsi à la culture andalouse (poésie, médecine, philosophie...) avant de venir régner dans la capitale Marrakech. La différence entre culture citadine des élites et culture plus frustre des tribus s’affirme de plus en plus.

La forme première du malhoun était véhiculée par les maddahin, qui s'accommodent très bien avec la mission de diffusion d’informations que s’étaient assigné ces premiers Almohades.

Parmi les plus anciens auteur, Il convient de citer Abdelaziz El-Maghraoui (1578-1602) et Sidi Abderrahmane El-Majdoub qui ont vécu à la même période et qui se sont fait connaître avec leur quatrains mystiques « Rubaïyat ». Au cours du XVIII et XIX ème siècle, se succèdent de nombreux poètes qui ont adoptés et transmis ce genre artistique.

Un événement illustre le début du VIIIème siècle. A Fès, El Haj Allal al-Batla qui vit au début du règne Moulay Abdallah (1729-1757), compose la nouba en mode istihlâl (le lever de la lune). Cette oeuvre, entièrement nouvelle, ne figure pas dans les 24 noubas ni dans l'arbre des modes, mais elle s'apparente plutôt à la nouba en mode dil qui a disparu.

Dès l'avènement des dynasties saadiennes, les aèdes populaires se révèlent, étonnamment prolixes et imagés, ornant des traits de mœurs et de saillies originales leurs écrits d'allure romantiques. Ces poèmes, qui renouent à leur façon la tradition des longues ballades anté-islamiques, sont écrites en melhoun (sorte de koïné, poétiques littéralisé, fondé sur l'arabe vulgaire, influencé par les bédouins). La langue répudie les cas et les formes de la grammaire classique, la versification ignore ce qui faisait l'essence de la poésie arabe : la quantité. Uniquement basé, comme le français sur le nombre des syllabes, ce genre poétique ignore totalement les savantes combinaisons des anciens mètres. Son accentuation toute externe, est fonction du chant, en vue duquel il a été écrit et qui lui a valu son appellation si adéquate de mel'hoûn, signifiant à la fois incorrect et chanté. Cette musique n'est qu'un accessoire pour soutenir la poésie. Il n'y a pas de compositions originales ; souvent le poète se borne à prendre un air connu pour construire son poème et tisser sur sa trame son ouvrage poétique.

Naïma Tahiri et Nordinne Chemasse, chercheur en poésie et spécialiste du malhoun

Plus tard

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Le malhoun à Essaouira a connu des jours fastes au XIXème siècle avec son représentant le plus illustre Mohamed Ben Sghir. Selon le chercheur illustre du patrimoine du malhoun. Ahmed Souhoum, Mohamed Ben Sghir représente un chaînon fort du malhoun et de la tradition poétique souiri de ce siècle. Ce maître était un adepte de la confrérie Issawa pour laquelle il a composé plusieurs chants religieux (adkar). Sa poésie d'une extrême finesse épousait la culture de son époque. Néanmoins la richesse de ses textes et de son répertoire lui on valu une grande notoriété dans tout le Maroc et ce jusqu'à nos jours. Parmi ses célèbres qaçaïd on peut citer en particulier Lafjar (l'aube); achamâa (la bougie), al falaka (la punition), al kasbah et al warchane (la colombe). Al Warchane est un véritable hymne à l'amour de l'auteur pour sa ville natale, poésie dans laquelle la colombe d'Essaouira effectue une longue pérégrination, imaginaire jusqu'à Tlemcen en Algérie après avoir rendu visite aux sept saints des régraga dans l'arrière pays des chiadmas pour recueillir leur bénédiction.

  • colombe...
  • Colombe, va chez les fils d'Essaouira
  • qui résident à Tlemcen.
  • Porte leur le salut d'Allah
  • Prie pour leur gloire et leur lumière,
  • Pour qu'il nous reviennent comme ils nous ont quittés.
  • De la porte du lion tu sortiras colombe,
  • tu demandera protection à Sidi Mogdoul, seigneur du port.
  • Sa nouvelle est parvenue jusqu'à Istanbul.
  • Sois prudente et éveillée.
  • Dépasse les amas de pierre au dela de la grande colline,
  • Et touche de tes ailes moula dourain (saint de Regraga),
  • Gloire de notre pays.
  • Demain à l'aube tu te purifieras à l'écoute de la prière."

Mohamed Bassis (né en 1927), fut également un authentique interprète de malhoun pendant plusieurs décennies.

Ensuite viendra celui qu'on nomme le doyen de cette musique Malhoun : Haj Houcine Toulali (1924-1998) qui avait créé une école qui a contribué à préserver cette expression musicale typique reflétant les différents aspects de la vie quotidienne, comme par exemple le titre Bain Zarda qui présente avec une poésie toute remarquable, l'histoire d´un homme qui s'invite chez son voisin pour lui demander de préparer toute sortes de mets marocains. D'autres personnalités comme par exemple Lakhdar Ben Khlouf , Ben Msyeb, Mostefa Ben Brahim, ont également été des personnalités notoires.

Selon des musicologues, il fut chanté par les artisans des villes. Chaque corps de métier et chaque quartier ont leur répertoire et leurs poèmes. Pour eux, le malhoun était un moyen d'atténuer les rigueurs du travail et de rompre sa monotonie vant qu’il ne soit généralisé à toutes les franges de la population. Tant et si bien qu'il est devenu pour eux synonyme de calme et de sérénité, calme par sa musicalité douce et détendue, et serein par la noblesse et la chasteté des paroles. Accompagné par les percussions, le oûd, le guembri et le violon, les chanteurs de melhoun racontent, au travers de poèmes parfois très anciens, la vie des vieux quartiers de la médina arabe, les voluptés ou les déceptions de l’amour. Apprécié, voire même soutenu, par des Sultans, des juges et des hommes de lettres pour unifier le peuple, il englobe la richesse de toute une nation.

Les villes réputées pour le représenter le malhoun sont Meknès, Tafilalet, Taroudant, Marrakech, Fès. Le Malhoun de Marrakech accorde une grande importance à la parole, celui de Fès à la distribution musicale et celui de Meknès à l’interprétation selon Jamal Eddine Benhaddou. Jamal Eddine Ben Haddou, professeur de musicologie à l’université Hassan II à Mohammédia, chanteur et poète, tient à faire prendre au malhoun un nouveau virage, sans toutefois mettre au placard l’habit ancien : « Ce que j’essaie de mettre en place, c’est un malhoun ouvert aux jeunes avec une nouvelle distribution musicale, une composition inédite, des sujets inspirés de la réalité et des paroles limpides».

La ville de Salé est également un centre de rayonnement de la musique arabo-andalouse depuis les temps reculés, avant même les vagues de migrations andalouses. Elle est la ville natale du violoniste au talent inégalé en musique al-Ala, le regretté Mohammed Baroudi. Elle est aussi le berceau de tant de maîtres et artistes de l'art du malhoun comme Cheikh al-Barri, Mohammed Chlih, Larbi Maâninou, Hassan Yacoubi, Cheikh Mohammed ben Ghanem, Cheikh ben Aissa.

Apprentissage régies par la relation maître-disciple depuis des générations

Au Maroc le patrimoine musical et chorégraphique a été transmis oralement de génération en génération, selon des règles d'apprentissage régies par la relation maître-disciple. Citadine principalement, le malhoun est un héritage arabo-andalou. La première école de malhoun a été fondée au début du XVIe siècle à Meknès où il est d'ailleurs encore enseigné comme discipline.

Le corpus du malhoun devrait idéalement à notre époque être transmis dans les conservatoires de musique, mais cette tentative est encore timide, mais assurée d'un avenir certain.

Le renouvèlement de la thématique du malhoun devrait être assurée. Celui-ci se concentrait depuis son origine sur l'invocation d’Allah et l’éloge du Prophète Sidna Mohamed, l’amour, le vin, la nature, les élégies et les satires.

A l'exception de l’expédition de Napoléon en Égypte par Wald Rzin ou de la guerre maroco-espagnole de Tétouan en 1858 de Driss Lahnach, ce genre, qui se voulait intemporel, rechignait à empoigner son époque.

Forme musicale basée sur la Qasida

L'origine du mot Malhoune ou Melhoun ou Malhun en arabe الملحون désigne un poème mélodique qu'on appelle aussi qasida, issu d'une culture authentiquement marocaine qui remonte au XIIe siècle, en empruntant de manière simplifiée ses modes à la musique arabo-andalouse. Il s'est développé sous une forme littéraire qui ne respecte pas la structure grammaticale classique. Il constitue un imposant corpus de poèmes et de chants véhiculés par une double tradition orale et manuscrite en arabe dialectal. Elle fait étrangement penser à la chanson de geste. La Qucida peut être un document historique comme en témoigne la pièce « El Harbi» du barde Abdelaziz El Maghraoui.

Le poème écrit en zajal (زجل) est enrichi de mélodies populaires, cette création donne naissance au genre musical. Le malhoun tel qu'il est chanté actuellement est une synthèse entre la poésie en tant que legs bédouin et l'art musical andalou. Le mausolée d'El Moâtamid Ibn Âbbad (le fameux Abou Abdil de l'Alhambra de Grenade) à Aghmat dans le sud marocain est la trace tangible de ces anciens apports culturels du paradis perdu de l'Adalousie musulmane.

Définitions, origines et thèmes

Référence à une culture populaire composite, le Malhoun est un art du sens et du texte. Il est la mémoire qui a construit l’histoire populaire du Maroc et qui a su jouer à la perfection le rôle de trait d’union entre le passé et le présent.

• Au sens premier, le mot arabe « malhoun » tourne autour de deux sens :

  • 1- « Poème en langue populaire où ne sont pas observées les règles de la grammaire arabe classique.»

→ De «Lahana», verbe qui veut dire : transgresser les lois grammaticales.

  • 2- « Poème en langue vulgaire destiné à être chanté (ou récité)»

→ De «Lahhana», verbe qui veut dire : mettre en musique.

  • Ce deuxième sens est plus proche de la réalité actuelle du « malhoun » que le premier.

A l'origine, le « malhoun » était dit (ou récité), par la suite, il a été mis en musique et chanté ; toutefois, ceux qui l'interprètent aujourd'hui refusent d'être appelés « chanteurs » ; ils préfèrent être nommés « réciteurs ».

Deux grandes écoles

  • 1- L'école du nord qui se réfère à la poésie populaire qui était chantée en Andalousie arabe (Al-Andalous entre le VIIIème siècle au XVème siècle). Cette école est localisée surtout au nord du Maroc (Tanger, Tétouan, Assilah...).
  • 2- L'école du sud qui vit le jour dans la région de Oued Drâa, au XIè siècle (Certains chercheurs font reculer cette date au VIIè siècle), pour se propager ensuite un peu partout. Les villes de Fès, Meknès, Salé et Marrakech ont connu de grands poètes et réciteurs de «malhoun».

• Le « malhoun » en tant que genre littéraire, tire sa matière première de la vie courante et s'écrit en arabe dialectal. Le poète ne respecte ni les règles régissant le vers classique ni celles relatives au bon usage de la langue (morpho-syntaxe nominale et verbale, lexique, orthographe...) - Le vers classique arabe est rytmique. Les groupes rythmiques, appelés « Taf'îlat » ont été codifiés par Al-Khalil ibn Amed Al-Farahidy (VIIIè siècle). Le poète du «malhoun», tout en adoptant ces groupes rytmiques, peut les marier à sa façon et peut même en créer d'autres.

Les thèmes du malhoun

Parmi les thèmes abordés par la poésie du Malhoun, on trouve les « Tawassoulât ». Dans les recueils, ce sont des poèmes mystiques, composés par de grands hommes du soufisme tel le théologien Laamiri et Sidi Abdelkader el Alami, garant de Fès, qui est considéré comme un des plus grands mystiques du Maroc. Il a composé un ensemble de pièces poétiques évoquant le désir de se fondre dans l’essence divine et des poèmes à la louange de l'Elu, que le salut et la bénédiction de Dieu soient sur lui. Ces textes, aux images les plus belles qui soient, ont touché la conscience de tous les arabes car ils ont été composés en arabe classique dans un style non moins beau que celui du poète soufi Ibn al-Farid ou d'un autre de ses comparses puis mises en musique. Ce dernier a exprimé l'amour divin et le désir d'union mystique dans une langue qui fait appel au vocabulaire de l'amour profane. Et nous disons que le dialecte marocain avec toutes ses différences est capable, plutôt il est fait pour dire l'amour et déclarer “le sentimental” et le “charnel”.

Le rythmique musicale est à l'origine issue de celui de la poésie arabe, qui est elle-même musicale est rythmique, contrairement à la poésie occidentale qui mesure les pieds plutôt que le temps. Ce rythme poétique provient de l'existence en arabe de deux types de voyelles : les voyelles longues et les voyelles brèves. Cette poésie joue bien entendue avec ces longueurs de voyelles/syllabes (le contraire aurait été étonnant). Dans la langue arabe, la voyelle courte est deux fois plus brève que la voyelle longue. Si l’on pause la voyelle longue comme étant musicalement une noire (la durée de la note), alors la voyelle courte est une croche (deux croches valent la durée d’une noire). Le rythme de la musique arabe pourra dans ce cas être représentée par une série de noires et de croches. Malgré le fait que le rythme de la musique arabe tienne en partie du rythme de la langue Arabe et surtout de sa poésie (la poésie arabe est naturellement chantée), il s’en est détaché par la suite, mais sans les renier. Une musique composée sur le maqâm respecte naturellement le rythme poétique de cette musique.

L'absence du terme Malhoun dans la littérature musicologique marocaine ne contredit néanmoins pas l'existence de cette forme musicale basée sur une Qasida (poème monométrique) dont le vocabulaire et les tournures de phrases mêlent l'arabe classique vulgarisé et adopté l'arabe dialectal marocain très raffiné. Par ailleurs, des études musicologiques et littéraires récentes montrent en fait que cette forme musicale puise ses sources dans les chansons populaires. A l'époque des Almohades (1147-1269) et parallèlement aux Muwashshahat, une nouvelle forme apparaît, le zajal marocain ou Lgriha, qui ne tient pas compte des règles de la grammaire classique.

De nombreux termes génériques désignent le Melhoun. On trouve : « Qarîdh », la « langue », les « paroles », le « nidhâm », la « poésie », l’« âme », la « science du génie » et enfin le Melhoun.

On pense que ce dernier terme dérive de la racine « lahn », qui signifie mélodie ; malhûn désignerait donc des paroles dont la mélodie serait déjà prête ; le poète n’ayant plus qu’à composer selon des mesures pré-établies. Les paroles se chanteraient donc sans avoir besoin d’être mises en musique, celle-ci existant préalablement à celles-là. grihas, autant de termes pour désigner ces improvisations poétiques autrefois purement vocales mais qui se sont progressivement accompagnées de oûd, mais aussi de banjo ou de violon.

A partir du griha, sont venus se greffer "les textes de la sagesse" de la tarika de Aïssawa, Hamadcha, Samaâ et plusieurs arts qui ont découlé de ce genre poétique. Bien que conçu dans un dialecte très raffiné (arabe classique un peu dialectisé), les thèmes abordés dans le malhoun sont universels et porteurs de l'existence du genre humain.

En sociologie, il y a un phénomène qu'on appelle la solidarité mécanique ; une notion d'abord introduite par Émile Durkheim dans De la division du travail social (1893). Elle décrit un type de relation sociale caractéristique de la Société traditionnelle, tandis que la solidarité organique se retrouve bien davantage dans les sociétés dites modernes. Elle résulte de la proximité. Les individus vivent ensemble dans des communautés. Le poids du groupe est très important (famille, travail). Ils partagent des valeurs communes très fortes: la conscience collective est élevée et aucun écart à la norme n'est toléré car, en remettant en cause la conscience collective, c'est la cohésion sociale dans son ensemble qui peut être mise en question. C'est dans le cas de cette poésie, quelque chose qui n'est pas réfléchi. La poésie populaire est donc restée comme cela, d'une manière mécanique, tacite, mais qui fonctionne.

Il reste que si on veut apprécier le texte, on doit posséder une connaissance des éléments de rhétorique, de l'imagerie ainsi que ses multiples liens s'adressant à des gens initiés. Et c'est probablement cette raison qui explique que certaines fois, on a traversé des périodes creuses, des «crevasses» qui ont donné naissance au raï ou à d'autres mouvements différents de la tradition poétique traditionnelle. Parmi les thèmes poétiques abordés par le Malhoun, on trouve les «Tawassoulât». Dans les recueils, ce sont des poèmes mystiques, composés par de grands hommes du soufisme tel le théologien Laamiri ou encore Sidi AbdelKader el Alami, garant de Fès, qui est considéré comme un des plus grands mystiques du Maroc.

Structure globale du Malhoun

• Une qassidah (poème) de malhoun comprend quatre éléments essentiels :

  • 1-Lazmah = introduction musicale obligatoire.
  • 2-Aqsam = couplets sans nombre déterminé.
  • 3-Serraba = couplet final (rapide).
  • 4-Kharjah = sortie.

Ces quatre éléments peuvent être détaillés comme suit :

  1. Lazmah → Refrain → en général deux beyts (vers) sur deux rimes. Ce refrain sert d'introduction à la pièce. Le poète y énonce le thème qu'il va traiter et les deux rimes dominantes qui serviront de liaison entre les séquences. Une fois la pièce mise en musique, ce refrain est repris par un chœur après chaque couplet.
  2. Aqsam → Parties (couplets, Séquences ou Stances) → Quatre à sept couplets identiques (ou de mesures différentes, disposés selon un ordre logique). Certaines pièces comptent plus de sept séquences.
  3. Serraba → Le dernier couplet qui se caractérise par la rapidité de son rythme et qui sert de clôture (ou conclusion).
  4. Kharjah = Sortie → Le poète cite son nom dans l'avant-dernier vers et formule une prière, un conseil, une morale au dernier.

La berouala

A côté de la qasida, on trouve la berouala, poème qui ne comporte pas de refrain et qui est constitué de strophes plus ou moins longues. Par la mélodie, la berouala appartient à la musique arabo-andalouse et se trouve insérée dans les dernières parties de la nouba Quodam ou darj dont les rythmes rapides se prêtent parfaitement à la poésie malhoun.

La serraba

Un autre genre de poème malhoun, la serraba vient compléter, le tableau de la chanson populaire. La serraba, elle non plus ne comporte pas de refrains mais est coupée en tercets entre lesquels vient s'insérer la naouara, une strophe de 6 vers rimant deux par deux : sont rythme est généralement le gobbahi. C'est un poème qui contrairement aux précédents, n'est pas signé dans les derniers vers, soit en raison de l'humilité de l'auteur, soit surtout en raison du sujet licencieux qu'il expose.

Évolution

La naissance de ce patrimoine authentique est à chercher dans le sud marocain, plus exactement dans la région du Tafilalet, à l’époque des Almohades, autour de l'année 1147. Mais il n’a commencé à se développer qu’à partir de l'ère des Saadiens, lorsque des artistes novateurs en ont examiné les mesures et l’on codifié en différents « Surûf », qui sont au Melhoun ce que les taf’ilât sont à la poésie classique. On considère que le premier à s'être consacré à cet art fut le Cheikh Abd el-Aziz el-Maghraoui, qui a désigné le pied métrique sous le terme de « Dân », il est devenu le modèle suivi par les poètes marocains dans leurs compositions. Est apparu après lui le poète Mohamed el-Masmoudi, qui a lui adopté le mot « Mîli » pour désigner le pied, ce terme ne voulait absolument rien dire mais est tout de même devenu lui aussi un modèle. Le disciple de Abdelaziz El Maghraoui était un grand innovateur, avide de modernité poétique, a aussi grandement élargi la palette thématique du genre poético musical. Car c'est lui, dit-on, qui a écrit le premier « harraz » de l'histoire du melhoun, et ce n'est pas peu dire, quand nous savons l'immense engouement qu'a suscité ce nouveau thème chez les poètes jusqu'à nos jours, aussi bien au Maroc qu'en Algérie.

Rythme el masmoudi

La ferda

Dix modes

Trois rythmes

Le malhoun, art musical en déclin ?

le «Malhoun» a connu un déclin en raison du peu d’intérêt qui lui était accordé, mais surtout au manque d’études approfondies qui lui étaient consacrées. «La préservation du patrimoine au Maroc se limite à des débats sur des écrits traditionnels n’ayant aucun lien avec le Melhoun et la poésie populaire», aime à souligner le professeur et chercheur Khorchafi Azzedine de l’Université de Fès qui a précisé que des œuvres n’ont pu être sauvées «que grâce à leur conservation dans des manuscrits ou grâce à des amateurs qui ont pris l’habitude d’apprendre les textes pour les chanter». La perte de vitesse actuelle pourrait provenir des nombreux ajouts apportés aux textes et l’introduction d’instruments de musique modernes qui imposent des adaptations pour les besoins de la gamme. La pénurie de poètes ou de paroliers n’est pas le lot du seul malhoun, mais de la chanson marocaine en général, mais Majda El Yahyaoui soutient qu'il ne saurait en pâtir tant son répertoire se révèle inépuisable. Ce genre tente toutefois aujourd'hui de se renouveler. Après le travail de Nass El Ghiwane qui a révolutionné la musique marocaine, puis c'est au tour de Jil Jilala et plus récemment à travers le rap (Fnaïre). Toutes ces formations ont tenté de le rendre plus accessible, mais si peu authentique. Actuellement, il y a des jeunes qui apprennent par cœur les « qsaïd ». Toutefois, des craintes font croire que si jamais ils ne trouvent pas l'appui nécessaire et l'encouragement qu'ils méritent, ils pourront abandonner ce genre musical.

Said el Meftahti explique : que sa conservation ne doit pas consister à le placer dans un musée et à l’exposer comme s’il représentait tout ce qui nous reste du passé. Nous devons bien plutôt le considérer comme le point de départ d’un parcours intellectuel reliant les différentes époques, parcours caractéristique du Maroc. Il ne nous est pas permis d’arrêter la marche du Malhoun en ce début du XXIe siècle, il rajoute Le Melhoun est un genre littéraire poétique ancien et nouveau. Pourquoi nouveau ? Parce qu'à ce jour, des poètes bien de notre temps évoquent encore et encore des thèmes immémoriaux qu'ils se font un devoir de transmettre au genre humain. L'on distingue aussi bien les chantres du Melhoun dans les grandes écoles certes mais il en est d'autres qui ont appris aussi à l'Ecole de la Vie. Ce qu'ils ont vécu, ce qu'ils ont vu a été mis en poésie pour servir à d'autres, pour servir l'Homme. Ils nous ont laissé un héritage fabuleux de beauté et de sagesse. C'est pourquoi je voudrais tant que cet Art soit connu de tous car il parle de tous et de chacun. C'est une forme musicale basée sur une qacida (poème) composée de vocabulaire mêlant l'arabe classique vulgarisé et le dialecte marocain. La musique du Melhoun inspirée de l'arabo-andalou, s'est fortement imprégnée de son identité marocaine.

Les femmes et le malhoun

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A côté des qaçaïd du malhoun, que l’on peut considérer comme le discours amoureux par excellence des hommes, il existe d’autres formes d’expression qui décrivent l’amour mais côté femme. L’une de ces formes de poésie populaire féminine usitée au Maghreb depuis des temps immémoriaux est le style aroubiالعروبي) et le hawfi(حوفي) que les jeunes filles chantent en se balançant sur l’escarpolette. Notons que le aroubi est surtout algérois et blidéen. C'est un style originaire du Sahel qui se complète souvent par lui-même, et qui se perfectionne en faisant tout au long de la qasida caractéristique de l'art vocal arabe. Le couplet est chanté avec l'istikhbar (prélude vocal et instrumental du répertoire citadin, mélodie qui rappelle peut-être une nuit d'amour et de folie ravie à la course insensée du temps). L'aroubi présente également quelques similitudes avec le flamenco.

O Ahmed, ô Ahmed ! Toi qui n’es ni trop petit ni trop grand, ô prunelle de mes yeux, ô mon adoré, il n’y a d’autre cause à mon mal que Ahmed, tu fais palpiter mon cœur et tu me donnes la fièvre, personne ne m'est plus cher que toi, si ce n’est Dieu lui-même.

Manifestations de malhoun

  • Festival de l'art du Malhoun de Fès, organisé annuellement par la commune urbaine de Fès, il vise de manière générale à préserver cet art sublime, en rendant hommage aux figures emblématiques qui ont contribuée à sa pérennité et participé à la transmission de cet art sublime aux jeunes générations. L'édition 2008 qui a coïncidé avec les festivités marquant le 1200ème anniversaire de la fondation de la capitale spirituelle du Maroc a connu une programmation riche et diversifiée incluant des conférences thématiques et des concerts de groupes de renom venant de différentes régions du Royaume. Cette édition a été marquée par la présentation d'une œuvre académique de Abbas Al Jirari intitulée "le projet scientifique de l'Académie du Royaume du Maroc dans le domaine de l'art du Malhoun" et d'un recueil poétique de sidi Abdelaziz El Maghraoui.
  • Festival Sijilmassa du Melhoun : En 2007, un hommage a été rendu à l'artiste Abderrahmane Selsouli. En 2009, l'hommage a été rendu au Haj Omar Bouri (voir ici).
  • Les Printemps du Malhoun de Meknès inscrit sa démarche dans l’héritage poétique et musical des maîtres précurseurs de cet art à Meknès. Les Printemps du Malhoun de Meknès ont lieu courant juin.
  • Festival du malhoun d'Essaouira (Festival « Warchane l'Malhoun à Essaouira »)

Quelques poèmes de malhoun

Ce ne sera pourtant pas de l'eau de rose. Un chevalier sorti d'on ne sait où est venu brouiller la mélodie. Le décor ainsi planté ne pouvait laisser indifférents les vers d'un poète qui raconte aussi simplement, sans détour, les péripéties d'une aventure amoureuse naïve et tendre.

Une fille de grande beauté que seuls les villages retirés dans les montagnes savent enfanter, Aouicha, pour le poème jamais chanté par les Marocains, mais bien repris par les Algériens, sera le fil conducteur d'un malhoun bien conté par un amoureux.

Il raconte la mésaventure, d'une manière assez forte, d'un amour brisé par une intrusion peu habituelle dans des régions aussi désertiques, plus préoccupées par la beauté du geste que par la mesquinerie de ses villageois. Face au Harraz méprisant, snobant tout son monde, le poète opposa de la malice, un brin de ruse mais beaucoup de maladresse. L'amour du troubadour était pourtant plus fort que tous les cadenas du palais où était prise en otage son Aouicha par El harraz, ce cavalier venu à bride abattue qui voulait assouvir sa passion des femmes. Éloquente poétesse du Maghreb, jeune fille aux dix-huit printemps, elle surpassait toutes les autres filles d'Azemmour, ce petit village vierge niché au creux d'une verte vallée superbe et gracieuse, elle jouait du luth de ses doigts de fée, en chantant des mélodies à faire chavirer les coeurs. Telle était Aouicha. Le poète ne voulait pas que son amour vive seulement en paroles et décida alors de défier le chevalier. Mais comment faire ?

Il s'en remit à ceux qui voulaient l'aider pour crier haut et fort : « ô ! Vous qui m'écoutez, que dois je faire, quelle ruse dois-je utiliser avec ce harraz ' », questionna le poète qui avait usé auparavant de beaucoup de stratagèmes sans réussir. Une réponse brisa son désespoir : « Ne t'inquiète pas mon ami, nous t'aiderons à retrouver ta bien-aimée ! », répondirent d'une seule voix les belles venues s'enquérir de leur amie. « Nous allons toutes partir avec toi et nous convaincrons ce Harraz de malheur de relâcher Aouicha ta bien-aimée ! ». A ces paroles, notre poète reprit espoir, et ensemble ils mirent au point un plan. Au pied du perron, où était enfermée sa bien- aimée, le poète clama cette belle phrase : « Je suis le cadi de la ville venu solliciter ta bénédiction, ô sage érudit et t'inviter, au nom du Généreux, à honorer ma demeure de ta visite ! ». Le chevalier venu du désert rétorque : « Ô cadi ! Cette paix offerte, je ne la crois pas sincère. Pour moi, votre nourriture est illicite et tu es un cadi fourbe. Passe ton chemin et éloigne-toi de moi. Comment un importun comme toi pourrait-il être cadi ' », dira le cerbère, qui, tel un faucon, rentra dans son palais. Il fallait une autre ruse pour tromper ce diabolique harraz, disciple de Sidi Rahal. En guise d'attaque, le troubadour clamera sa poésie pour que le harraz s'avoue vaincu. La fin de ce merveilleux conte est restée ouverte à toutes les suppositions mais toutes s'accordent à dire que les vers poétiques du troubadour ont eu raison du pouvoir perçant d'El harraz.

Fusion du malhoun avec des rythmes africains

Touria Hadraoui a enregistré un album avec des instrumentistes et chœurs guinéens enregistré dans un studio à Conakry. Pour effectuer une fusion originale avec des rythmes de l’Afrique subsaharienne en faisant appel à “Bote percussion“, un groupe de musiciens et de danseurs enracinés dans les traditions culturelles et artistiques des populations de la Basse Côte guinéenne.

Petit écran : L’art du Malhoun sur 2M

Al Kalam Al Mawzoun se propose d’initier un large public en général en incluantles nouvelles générations en particulier à cette tradition musicale séculaire. Présenté par Fatine Hilal Bik, Al Kalam Al Mawzoun est un concept d'Abdessalam Khalloufi qui pose un nouveau regard sur le Malhoun et invite les téléspectateurs à redécouvrir son histoire et ses composantes. L’émission décortique les grandes "Qassaïdes" (poèmes en dialecte marocain) pour nous rapprocher davantage de leur vrai sens et de la portée des paroles qui constituent l’essence poétique.

Houcine Toulali

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El Hadj Houcine Toulali (né en 1924 à Toulal, une localité proche de Meknès - décédé le 7 décembre 1998 à Rabat) était un chanteur et oudiste et pédagogue marocain. Il est connu comme un fin représentant de l'art du Malhoun et jouit de la réputation d'avoir enrichi le répertoire de cette expression musicale. Il avait créé une école du Malhoun afin de pérenniser ce genre musical. Les grands Maîtres ont fait appel à lui, tant ils étaient séduits par sa voix berbérophone, son élocution et sa diction étaient parfaites quand il chantait. Sa première chanson est intitulée Ya luft el khafi et date de 1950. Leghzal Fatma est également un de ses titres majeurs, repris de manière différentes par les maîtres sidi Mejdoub et Saïd El Meftahi. Toulali fut le seul artiste qui a pu conduire le Malhoun jusqu'aux grandes scènes internationales. Brillant pédagogue, il a enseigné l'art du malhoun au Conservatoire du Ministère de la culture et au Conservatoire Municipal de Meknès.

Thami Lamdaghri ou Mdaghri (mort en 1856) fut un célèbre compositeur marocain de Malhoun

Haj Mhammed Bouzoubâa

Haj Mhammed Bouzoubâa (décédé en 1962) fut un [poète et un grand chanteur qui a appartenu à la confrérie Issawa. La confrérie des Aïssawa fut fondée au 16ème siècle au Maroc par Sidi Mohammed Ben Aïssa, appelé aussi Cheikh el-Kamel (le cheikh Parfait). A sa mort à Meknès vers 1526, l'un des disciples se mit en transe et lacéra ses vêtements et son corps, dévora cru moutons et chèvres - la transe fut totale. Cette confrérie gardent une impressionnante aura, qu'il maintiennent par une mise en scène exaltée, nourries par les cymbalettes et trompes. C'est grâce à Bouzoubâa que le malhoun se fait connaître dans les milieux de la bourgeoisie de Fès. Il demeure une figure inévitable du Malhoun de Fès. Il fut membre de la SRTM. Il a beaucoup enregistré avec son orchestre, mais ses enregistrements sont assez difficile à trouver sur le marché discographique actuel. Il demeure quelques enregistrement des années 50 qui font office d'enregistrements historiques. Cet homme fut également un maître de musique incontestable auprès de plusieurs étudiants au Conservatoire de Musique de Fès. On lui doit des textes puissants comme "ana mzaoug", "kana m3ak oujatt", "Ya Ghwita 5af men Allah" ou encore une des plus connue intitulée "Fatma".

Abdelkarim Guennoun

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Abdelkarim Guennoun عبد الكريم كنون (né à Fès en 1924 décédé en 1995) fut un chanteur de malhoun marocain très apprécié des spécialiste de la poésie arabe. Il s'est distingué des autres chanteurs de son époque par la force de sa voix contrastant avec la douceur de son chant. Son chant est par ailleurs devenu une référence spécifique à la ville de Fès, par l'arabe vernaculaire rhétorique qu'il interprète avec éloquence.

Saïd El Meftahi

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Saïd El Meftahi est l'une des figures de proue et surtout une voix reconnue du Malhoun et du tarab. Installé depuis quelques années en France, il se pose en observateur et chercheur de ce qui se passe d'un côté et de l'autre des rives de la Méditerranée.

Ahmed Amine Dellaï

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Ahmed Amine Dellaï (né en 1954 à Oran) est un chercheur en poésie populaire et le spécialiste du melhoun. Ses publications sont une référence en la matière. Ce sociologue a travaillé sans relâche sur le Melhoun et a accompli de superbes traductions de poèmes anciens, le melhoun, est son thème de prédilection et est devenu l'objet de sa passion.

El Hadj Omar Bouri, poète du malhoun et mélomane à Taroudant

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El Hadj Omar Bouri (né en 1940 à Taroudant) est un brillant homme de culture marocain vivant et travaillant à Taroudant. Il est complètement investi dans le travail de l'agriculture et de la boucherie. C'est lui qui approvisionne les étals de la ville. Mais c'est aussi et surtout un Poète du Melhoun qui figure parmi les plus connus dans ce genre. L'homme encourage tous les jeunes de la ville à s'intéresser à tous les registres musicaux, à la musique en général.

Mostefa Ben Brahim

Mostefa Ben Brahim surnommé Safa fut la gloire de la poésie populaire algérienne dite "melhoun". Son œuvre particulièrement inspirée retentira sur la chanson oranaise telle qu'elle est encore connue de nos jours, ce poète et un résistant algérien qui a rejoint en 1830 les troupes d'Abd El Kader contre l'occupant français fera retentir ses envolées poétiques, souvent amoureuses ou épiques qui ne laisseront point insensible Cheikh Khaldi de Mascara qui n'hésitera pas à s'y ressourcer pour à son tour, produire des succès qui seront intelligemment repris par le chanteur de Raï cheb Khaled.

Orchestre de Fès du Malhoun

Cette formation musicale fondée en 1956 par la radio de Fès était dirigée par Monsieur Mohamed Bouzoubaâ entre 1966 et 1997 et composé d'artistes de renoms. Il est actuellement dirigé par Monsieur Mohamed Alami (frère aîné de Brahim El Alami) qui travaille dans la perspective de la sauvegarde et la promotion de cet art.

Mohamed Essoussi

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Mohamed Essoussi (né en 1958) fut bercé toute son enfance par la voix du Haj Tahmi Lahrouchi, considéré à cette époque comme le prince du malhoun. A l'âge de 18 ans il fait son entrée à Dar Adil, le conservatoire de la médina de Fès. Après une longue formation auprès du maître Abdelkerim Guennoun, il entame une carrière de chanteur professionnel au début des années 80. Son vaste répertoire, sa voix chaude, précise et la rigueur de sa prononciation font de lui, un des chanteurs de melhoun les plus célèbres et les plus apprécié du pays. Il a fait découvrir à de nombreuses reprises l'art du Mehoun à l'étranger, en France, en Italie ou encore aux États-Unis.

Association Mohamed el Fassi tarab el malhoun

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Abderrahim Amrani Marrakchi

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Abderrahim Amrani Marrakchi (né en 1962, à Fès), surnommé Hamadcha de Fès, est un musicien, et maâlem hamdouchi. Il chante Dieu et la vie. Ce maître soufi est l’un des derniers chefs de groupe, « moqaddem », de la confrérie des Hamadchas. Il est chercheur dans l'art traditionnel, et assume la fonction de directeur artistique dans des projets discographiques de musiques sacrées chez Fassiphone. Il a côtoyé les plus grands noms de la musique traditionnelle marocaine. Il préside l'association des Arts Folkloriques de Fès.

Il est le fondateur de l'Association Mohamed el Fassi tarab el malhoun. Ces hommes comptent parmi les derniers soufis populaires du Maroc qui maintiennent et transmettent une culture ancestrale de plusieurs siècles qui mêle dévotion, thérapie, danse et musique.

Sa troupe est sollicitée régulièrement par des festivals de musiques traditionnelles tant au Maroc qu’à l’étranger. Il fut invité le 26 novembre 2008, à Paris au Siège de l'UNESCO.

Contributions

Ahmed Souhoum

Kaddour El Alami, précurseur dans le genre du Malhoun

Sidi Kaddour El Alami, mieux connu sous le nom religieux sidi Abdelkadek El Alami (né en 1742 à Meknès- décédé en 1850) figure parmi les plus grands poètes marocains. Il est même élevé au rang de saint. Sidi Kaddour El Alami était un maître, et les connaisseurs du Malhoun sont ses « adeptes », dans le sens où ils n’ont pas un simple rapport esthétique avec cette poésie, mais un rapport mystique proche de la possession rituelle.

"El Meknassia" de Kaddour El Alami par Hadj Mohamed El Anka

Mahjoub Benmoussa

Jamal Eddine Benhaddou

Cheikh Mohamed Elkhayati

Zohra El-Fassiya, la pionnière du malhoun

Connue sous son pseudonyme Zohra El-Fassiya (née en 1900 à Fés), elle fut l'une des figures emblématiques et une pionnière du malhoun. Elle a débuté sa carriére artistique en chantant du melhoun marocain dans les années 20. Dans les années 60 elle habitait à Casablanca et précisément à la rue Sarah Bernard où de nombreux témoins entendaient sa voix dans tout le quartier. Aprés avoir remporté un grand succés, l'artiste quitte son pays natal pours'instaler à Ashkelon jusqu'a sa mort survenue à la fin des années 90.

Sami El Maghribi

Sami El Maghribi (né Salomon Amzellag en 1922 à Safi au Maroc - décédé au Canada, le 9 mars 2008) fut un chanteur et musicien judéo-marocain de musique gharnati et de hawfi. Doté d'une voix chaleureuse, d'une diction parfaite il fut capable de pouvoir transmettre l’âme d’une chanson, qui peut alternativement parler d’amour, de nostalgie, de séparation. Il a joué notamment avec des artistes de tous horizons comme l'interprète de chaâbi algérois Maurice El Médioni. Au Maroc, tous les orchestres interprètent des titres empruntés à son répertoire, pas un événement familial n'existe sans que résonne la voix de celui que l'on surnommait "le chanteur de l'émotion". Son répertoire musical s'étend de l'interprétation du gharnati, au malhoun, au hawzi. Il avait notamment marqué de son empreinte les anciennes Qaçaïd de Sidi Qaddour Al ’Alami, de Benmsaib, du Cheikh Bouâzza, de Bensliman et autres grands ténors de la poésie de l'art poético-musical du malhoun. La Qasidah Bensoussan en particulier, a été écrite par Benyechou et chantée par bien d’autres chanteurs.

Abbas Al Jirari

Abbas Al Jirari, (né à Rabat en 1937), est un chercheur et écrivain marocain qui a effectué de nombreuses recherches portant essentiellement sur le patrimoine arabe, la pensée islamique et les questions culturelles. Parmi ses publications : « Al hourrya oua Al Adab » (La liberté et la littérature), « Attakafa fi Maarakat Attaghyir » (La culture dans la lutte pour le changement), « Mouachahate Maghribya » (une recherche dans la poésie andalouse) et « Taqafat assahra » (la culture sahraouie). Il est également un conseiller du Roi du Maroc.

La première mention du terme malhoun selon Abbas El Jirari (al qaçida, 1969, p. 54) nous vient d'un poème de Mohamed Ben ‘Ali Bou'mar (en 1519) : “Notre malhoun est une lampe éclairant le noir et ne manque à aucune demeure”.

Abdelmajid Fennich

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Abdelmajid Fennich (né le 20 octobre 1956 à Salé (Maroc) ) est un intellectuel et un homme de culture multi-facette, à la fois artiste, homme de théâtre et chercheur marocain. Ce fin connaisseur du malhoun est doté d'un très large savoir encyclopédique. Pédagogue depuis 2001, il transmet son érudition en enseignant aux jeunes générations par le biais du théâtre qu'il met au service de la culture marocaine.

Artisanat marocain et Malhoun, deux concepts indissociables

Fouad Guessous : «le Melhoun marocain dans la langue de Molière»

Né au début des années 40, Fouad Guessous a étudié le Droit et les Sciences politiques en France. Puis il s'est consacré à travailler dans le secteur bancaire. Cet homme érudit, écrivain, journaliste à ses heures, s'est pris d'une passion dévorante pour le Melhoun, il y a un peu moins de dix ans. Il s'est attelé avec ferveur à la traduction d'une centaine de Qaçaïd. Son objectif est double : d'une part, faire connaître ce pan du patrimoine marocain aux Marocains d'expression française et aux Francophones du Monde entier ; d'autre part, en restituant les mots, il rend ainsi un hommage littéraire et culturel aux grands Maîtres (Poètes et interprètes). Fouad Guessous ne s'est pas contenté de traduire. Il dirige une collection musicale dédiée entièrement au genre musical. Là, Fouad Guessous nous met ses mots à la bouche. Il se fait l'oriflamme avec conviction et ardeur de la cause du Melhoun. «Le Melhoun marocain dans la langue de Molière» est un monument littéraire constitué en 4 tomes écrit par un passionné du malhoun Fouad Guessous. Il nous fait découvrir un trésor de la poésie populaire de la culture du Maroc, qu'il met à la portée d'un lectorat peu averti en voulant lui communiquer toute la subtilité de ce qu'est cet art poético-musical en rendant toute la fierté du Melhoun, et surtout aux textes provenant d'illustres poètes parfois illettrés ou exerçant des professions artisanales, pour ne citer que Jilali Mthired (18ème siècle), qui est selon l'auteur de ces recueil, l'un des plus brillants poètes qui exerçait la profession de marchand de légumes et de fruits à Marrakech. D'autres poètes étaient bien entendu des savants, voire même des sultans comme Moulay Hafid qui a régné au Maroc de 1908 à 1912. A préciser que la traduction des poèmes composés par des chyoukhs connus et traduits par Fouad Guessous sont destinés à être lu et non à être chantés en français. Pour Fouad Guessous, les Langues sont des instruments de propagande au service de la Culture, de la Littérature, de la Poésie. Sonneck, Lévi-Provençal ou Dermenghem parmi d'autres ont travaillé sur ce patrimoine poétique et musical en leur temps. Mohamed El Fassi a fait rentrer le Melhoun par la grande Porte des Belles Lettres. Fouad Guessous veut lui aussi, faire rentrer le Melhoun par la petite porte de chacun d'entre nous.

«Anthologie de la poésie du melhoun marocain», Fouad Guessous édité en 2008

L'Anthologie de la poésie du melhoun marocain du même auteur est une compilation composée de 63 poèmes traduits en français sous forme poétique, avec une présentation du texte original en arabe. Trente-deux poètes y sont présentés. Ces poèmes accordent une place très importante à la femme, mais abordent aussi des thèmes comme la nature, la morale, l’amour de Dieu, l'alcool, la gastronomie, la politique....Ils donnent également un aperçu de la splendeur et du rayonnement des civilisations qui ont croisées le Maroc du 15ème siècle à nos jours. Le genre théâtral, le burlesque et la satire sont omniprésents. Dans cette anthologie, on peut retrouver les morceaux de melhoun les plus connus : Yamna, de Mohamed Masmoudi, Gnawoui de Si Thami Mdaghri, Fatma de Driss Ben Ali, Zerda de Ben Ali Mesfioui, Demlige de Issaoui El Fellous.

Mohammed Errachek

Le poète-chercheur Mohammed Errachek est considéré comme un partisan du renouveau du Malhoun, tant de sa forme que de son contenu. Preuve en est que la grandeur de cet art, selon sa conviction, réside dans son renouvèlement, depuis sa création et jusqu'à l'apparition de ses plus grands poètes. Il affirme que, parfois ce renouveau a précédé certaines expériences poétiques arabes telle celle du dépassement du cadre des vers d'al-Khalîl par Badr Châkir al-Sayyâb et Nâzik al-Malâ'ika, venue bien après la révolution du poète de Melhoun Idrîs al-Marîni.

Hassan Slimani

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Poète de malhoun en langue arabe et en langue française. Hassan Slimani a interprété en 2008, à l'occasion du Festival du Malhoun d' Essaouira pour la première fois des qçaids en français.Chanter le malhoun en français est une première expérience au Maroc, a dit M. Slimani qui a été longuement applaudi, faisant savoir que l'objectif recherché est de promouvoir davantage le rayonnement de cet art authentique marocain au-delà des frontières et de permettre aux autres de mieux comprendre cette musique pour apprécier et identifier ses valeurs esthétiques.(source)

Nass El Ghiwane

Cette formation a pu composer une musiques sur base sur des paroles puisées dans la musique traditionnelle marocaine et le malhoun.

Le tunisien Abdalla Dhaouadi interprète une qasida de malhoun

Fnaïre

Fnaïre métisse le melhoun et le hip-hop. Ce groupe a pour particularité d'offrir leur nouvelle vision du rap traditionnel en harmonisant des genres de musiques à priori incompatibles, et Fnaïre balaye tous les préjugés. Il mixent sans complexe rap et des sons de chaâbi marocain, look XXl et "bahjaoui attitude" dans ce qu'ils appellent eux-même du "hip hop traditionnel".

Mario Scolas avec Aziz Le Meknassi, musicien de malhoun au sein de l'Association sidi Kaddour El Alami - Meknès

Actualités

Parution à Oran (Algérie) d’une nouvelle publication sur le Melhoun

Un diwan du Melhoun intitulé "Egalité et souffrance" contenant 35 qacidas (poèmes), ouvrage de Bensafi Houaria, dont les thèmes sont inspirés de la société et du patrimoine culturel et populaire vient d’être publié à Oran.

Selon la poétesse, cette nouvelle publication éditée par "Dar El Gharb" d’Oran est venue enrichir la bibliothèque nationale dans le domaine de la littérature populaire algérienne authentique.

Cet ouvrage, le premier né de cette poétesse, renferme des poèmes de Madih (louanges), d’amour de la patrie et de la femme, dans une variété de rimes et de rythmes qui donnent plaisir à lire.

Ce recueil contient également plus de dix qacidate glorifiant les chouhada, des événements et des batailles de la Révolution Algérienne.

13 janvier 2010. Appel à la création d'une instance nationale pour l'art du Malhoune

Le conseiller de SM le Roi Mohammed VI, M. Abbas Al Jirari, a plaidé samedi à Marrakech pour la création d'une instance nationale pour l'art du Malhoune qui réunira tous les acteurs concernés avec pour mission la promotion et la préservation de cet art.

S'exprimant lors d'une journée d'étude nationale sur le thème "Le Malhoune, un patrimoine au service de la renaissance artistique au Maroc", M. Jirari également membre de l'Académie du Royaume, a ajouté que l'ensemble des arts populaires et patrimoniaux restent exposés à la déperdition et à l'altération, se félicitant de l'existence à l'heure actuelle d'une véritable renaissance et d'un intérêt scientifique remarquable pour le Malhoune.

Il a, par ailleurs, déploré l'intérêt insuffisant qu'accorde la société au Malhoune, notamment à un moment où d'autres genres musicaux ne cessent de dominer la scène artistique. Après avoir rappelé que le Malhoune, grâce à la richesse de ses contenus et de ses formes, constitue une partie intégrante de la pensée des Marocains, de leur créativité et de leur art, M. Jirari a souligné la nécessité "de l'attachement au patrimoine marocain, notamment face aux défis que le Royaume et la Oumma arabe et islamique sont appelés, plus que jamais, à relever, et à leur tête celui de la mondialisation culturelle". M. Jirari a également souligné l'importance de ce genre de rencontre à même d'évoquer les différentes questions liées à l'art du Malhoune. Le Malhoune est l'un des arts les plus raffinés à même de stimuler les sentiments des Marocains, étant donné les liens très étroits existants entre ses contenus et les différents aspects religieux et soufis, ou encore ceux liés à la description de la nature, a pour sa part affirmé le doyen de la Faculté des Sciences Juridiques, Economiques et Sociales, M. M'hamed Mrani Zentar. M. Zentar a également mis l'accent sur d'autres sujets traités par le Malhoune et qui sont en rapport direct avec la patrie ou avec d'autres aspects sociaux.

Le secrétaire général de l'Association "Amateurs du Malhoune" à Marrakech, M. Driss El Jebli, a appelé, quant à lui, à l'élaboration de visions à même de promouvoir cet art au Maroc et de préserver les acquis dans ce domaine. Il a en outre plaidé en faveur de la mise en place d'une stratégie qui servira de catalyseur pour accorder davantage d'intérêt à l'art du Malhoune. Ce plan d'action, a-t-il ajouté, devra refléter l'expérience créative, culturelle et artistique distinguée au sein de la culture marocaine contemporaine.

Les autres intervenants ont, pour leur part, mis l'accent sur l'importance du Malhoune en tant qu'art très ancien du Royaume, que des générations successives ont tenté de préserver, en dépit des difficultés et des contraintes, se félicitant de l'organisation de cette journée, qui, ont-ils dit, constitue une occasion pour engager une réflexion sérieuse sur son avenir. A l'ordre du jour de cette rencontre, initiée par l'Association "Amateurs du Malhoune", figure également l'organisation de deux ateliers thématiques sur "Les associations du Malhoune au Maroc" et "Les études et recherches dans ce domaine".

Mardi 12 Janvier 2010

MAP

Mario Scolas avec Nordinne Chemasse, chercheur sur le malhoun

Agenda

Les rythmes poétiques règnent en maître aux journées culturelles d'Errachidia

La troisième soirée des journées culturelles d'Errachidia a été marquée, mercredi 9/09/2009, par une prédominance des rythmes poétiques, exaltés des lectures données par différents versificateurs de la ville. Accompagnés des rythmes enchantant du luth de Mohamed Bouazzaoui, les poètes Ahmed Chaker, Mohamed Agouji et Mostapha Abdessami qui se sont donné la réplique dans des idiomes différentes, mais aussi des registres et des fibres poétiques divers, ont tous ensorcelé les férus du mètre et du verbe magique, venus assister à cette soirée ramadanesque. A la faveur d'une voix sensible et profonde, le vétéran des poètes modernes de la ville d'Errachidia, Ahmed Chaker, a puisé ses vers de ses odes d'amour. La complicité des sens du poète et des vocables arrangés a imposé un silence religieux dans une salle pleine de signes et de motifs artistique. Avec ses deux poèmes "Je réhabilite ma mémoire" (Orammimo dakirati) et "Comme si j'étais...personne" (Ka'nni la Ahad), Mohamed Chaker qui est à son neuvième recueil, a étalé affectivement toute une expérience interne profonde. Les dédales de mots était la source d'inspiration du poète Agouji qui, choisissant la langue française comme mer de ses navigations imaginaires, a pu prévaloir la primauté des sentiments et des sensations dans toute opération de création poétique et artistique en général. Le spectacle est arrivé, enfin à son apogée avec les odes de Mostapha Abdessamii qui apportent la preuve d'une relation intrinsèque entre poésie moderne et du Malhoun. Le poète n'a pas pu se défaire de tout le répertoire linguistique et existentiel dont il est dépositaire.'

Du 11 mars au 13 mars se tiendra à Mazouna la 2ème édition de ce festival national annuel du malhoun

Journées d'étude nationale sur l'art du Malhoun marocain à Marrakech du 8 et 9/01/2010

Musiciens pour la Paix

Initiatives

Sources et bibliographie

  • Plusieurs entretiens avec sidi Omar Bouri, à Taroudant en décembre 2008.
  • L'art du Melhoun, son histoire, ses richesses par Saïd El Meftahi
  • Il était une fois le malhoun par Ahmed Aydoun (Musicologue)
  • Anthologie d'Al-Melhun : traditions de Fès, Meknès, Salé, Marrakech - Haj Hussain Toulali, Abdelkarim Guennoun, Hussein Ghazali, ... Maison des cultures du monde, 1990
  • A.-L. de Premare, Sidi abd-er-rahman el-mejdub, éditions du C.N.R.S., Paris, 1985, 300 pp.
  • A.L. de Prémare, La Tradition orale du Mejdub: récits et quatrains inédits, recueillis, transcrits, traduits et annotés par A.L. de Prémare. Aix-en-Provence: Edisud, 1986. 379p. Text in French and Arabic. Oral tradition in Morocco discussing the art of Majdub, Abd al-Rahman, d. 1569.
  • Alfred-Louis de Premare, Sidi Abd-er-Rahman el-Mejdub: Mysticisme populaire, société et pouvoir au Maroc au 16e siècle (Les Cahiers du C.R.E.S.M) (Broché), 27 septembre 1985.
  • J. Scelles-Millie et B. Khelifa "Les quatrains de Medjoub le sarcastique" poète maghrébin du XVIe siècle , G.P. Maisonneuve et Larosse, Paris 1966 (Réédition).
  • On proverbs derived from the poems of Mejdoub: M. Ben Cheneb "Proverbes arabes de l'Algérie et du Maghreb" (1900).
  • "Diwan Cheikh Tlemçani Boumediène Boussala"Rassemblé par Mohamed Lahbib Achlef sous la direction de Mohamed Ben Amro Zerhouni.
  • "Art de l'histoire dans la poésie du Melhoun : l'exemple de Harraz Mina Boudlel de Haj Ahmed Larabli" par Naïma ACHA sous la direction de Mohamed Ben Abdjelil, Faculté de Lettres de Moulay Ismaïl de Meknès, 1990-1991
  • "Meknès dans la poésie du Melhoun : l'exemple de "Meknassia" de Abdelaziz Abdelaoui et "Meknassiet" de Mohamed Lanaya Moulay Hassan El Bouyahiaoui El Idrissisous la direction de Mohamed Aft, Ecole Normale Supérieure de Meknès, 1995-1996.
  • Le Maroc en mouvement: créations contemporaines, par Collectif, Nicole de Pontcharra, Maati Kâbbal, Publié par Maisonneuve & Larose, 2000 - ISBN 2706814268, 9782706814266, 243 pages

Liens externes

Articles connexes

Voir aussi

Malhoun (english)

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